Médiatrice culturelle : plus qu'un métier, une passion


Si vous me suiviez sur Instagram vous n'êtes pas sans savoir que je travaille actuellement comme médiatrice culturelle. C'est certes un CDD de moins de trois mois, mais c'est un emploi dans le secteur que j'aime (la culture) alors ça ne se refuse pas. En effet, depuis plusieurs années il est extrêmement difficile de trouver un emploi à durée indéterminée dans ce domaine, et la situation économique actuelle liée au coronavirus ne va pas améliorer les choses. 
Je vais donc tenter de vous expliquer ici ce qu'est un médiateur culturel, quelles sont ses missions, comment le devenir et pourquoi je persiste tout de même dans cette voie.


Médiateur culturel, qu'est ce que c'est ?

Etre médiateur culturel c'est être le lien entre une oeuvre / un artiste et le public

Nous travaillons majoritairement dans les musées, les bibliothèques/médiathèques, et dans les lieux patrimoniaux (type château par exemple). Toutefois vous pouvez aussi nous retrouver parfois dans des festivals, théâtres, associations, etc. 

Quelles sont nos missions ?

Notre mission première est de rendre la culture et le patrimoine accessible à tous. Je vais vous donner ici l'exemple d'un médiateur dans un musée. Rappelons que les musées, comme les écoles, font partie des institutions culturelles qui ont des fonctions éducatives officielles. Il faut donc mettre en place tout un panel d'outils à disposition du public afin de remplir cette mission. Ainsi un médiateur qui y travaille va créer des cartels* avec le conservateur, son rôle étant ici de "vulgariser" le discours parfois trop technique. Il va également veiller à ce que ce cartel soit lisible par tous (pas trop haut, type et taille de police adaptées), le traduire en plusieurs langues (y compris en braille), etc. Il va aussi créer des livrets jeux afin de rendre la visite ludique pour les plus petits, des parcours à thèmes sur tablettes, des animations pour des occasions particulières, etc. Enfin, il créer et fait les visites adaptées à chaque public. Il est toujours en lien avec des professeurs, des associations, des artistes, afin d'organiser des projets. 

Le médiateur doit toujours être au courant des nouveautés afin d'adapter ses propositions aux attentes du public. Certains musées organisent par exemple des actions destinées aux adolescents, public pour lequel le mot musée est un terme à connotation péjorative (ils sont souvent vu comme poussiéreux, ennuyeux, vieux, etc). Ainsi les nouvelles technologies (tablettes, applications, Nintendo DS) entrent dans les musées pour répondre à la demande de ce public bien particulier. Je pourrai vous donner des centaines d'exemple mais vous aurez compris le principe.


Quelles études faire ?

Le site de l'Etudiant répondra parfaitement à cette question.
En ce qui me concerne je vous ai expliqué mon parcours ici. En résumé j'ai une licence d'histoire (option sociologie, géographie et patrimoine), un master 1 recherche en histoire moderne et un master 2 professionnel "Patrimoine, Musées et Multimédia". Il est important de bien choisir son cursus, principalement le master. Il en existe de plus en plus mais certains forment bien mieux que d'autres à la réalité du terrain. Ils sont pour la plupart accessibles sur dossier après passage devant un jury. À vous d'être convainquant et d'avoir un projet bien défini. 

Enfin, pour entrer dans la fonction publique territoriale comme médiateur culturel, il faut généralement passer un concours catégorie B ou C (Animateurs territoriaux, Adjoints territoriaux d'animation ou bien encore Assistants territoriaux qualifiés de conservation du patrimoine et des bibliothèques par exemple). Il y a toutefois que très peu de postes pour beaucoup de candidats. 


Pourquoi j'aime ce métier ?

Après une première expérience de guide dans un château, travailler dans la médiation est devenue une évidence pour moi. J'aime l'histoire, la culture, les arts, et j'aime transmettre ma passion. Parler à un groupe de 30 personnes en visites ne me fait peur, qu'ils aient 3 ou 80 ans. J'aime m’adapter au public (grand public, scolaire, social, à mobilité réduite, carcéral, etc.), devoir sans cesse renouveler mes idées et improviser en fonction de chaque situation. J'aime également toute la partie non visible, les heures passées à créer des supports de médiations, à faire des recherches, à être en contact avec des partenaires culturels, etc. 
Bref, j'aime mon métier et je pense être une excellente médiatrice culturelle. Je ne dis pas ça pour vantardise, je reconnais juste mes points forts. Je sais que je suis nulle en dessin ou en mathématique par exemple. Dans la vie il faut reconnaître ses atouts pour en tirer le maximum et c'est pourquoi je continue de persister dans cette voie


Il y a-t-il du débouché dans ce domaine ?


Non. Voila j'ai répondu le plus clairement à la question. Il y a même de moins en moins d'embauches, ce pourquoi à 31 ans, 6 ans après avoir fini mes études, j'enchaîne les petits contrats, certes passionnants, mais mal payés et sans avenir. 

J'ai décidé de persister encore quelques années, mais si à 35 ans rien ne change je me verrai dans l'obligation de trouver autre chose à mon grand désespoir. En attendant, je vais tenter de compléter mon profil professionnel en faisant une formation sur quelques mois en fin d'année (mais ça je vous ne parlerai plus tard si ça ce concrétise), cela me permettra peut-être de me différencier des autres. 



J'espère avoir réussi à bien vous présenter ce métier si passionnant. Si vous êtes vous aussi médiateur culturel n'hésitez pas à donner votre avis sur ce métier et à partager votre expérience en commentaires :). 

À très bientôt,
Éloïse


* Cartel : panneaux explicatifs présents à côté de chaque oeuvre

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